Oxygénation hyperbare après un traumatisme crânien : que montre cette étude récente ?

En résumé :

 

  • Chez des adultes ayant des symptômes persistants 6 mois à 10 ans après un traumatisme crânien, 40 séances d’oxygénation hyperbare ont amélioré les symptômes davantage que 40 séances placebo.
  • L’écart mesuré est d’environ 7 points de moins sur l’échelle de symptômes (NSI) en faveur du vrai traitement, après 13 semaines.
  • Les personnes ayant reçu 80 séances au total (40 puis 40 de plus) se sont encore améliorées par rapport à celles qui n’en avaient reçu que 40.
  • Les bénéfices semblent se maintenir dans le temps, avec un suivi allant jusqu’à 36 mois.
  • Le traitement a provoqué quelques effets secondaires connus et le plus souvent réversibles (comme gêne au niveau des oreilles, fatigue, une myopie temporaire).

L’oxygénation hyperbare est-elle utile après un traumatisme crânien ?

J’avais déjà parlé d’études concernant l’oxygénation hyperbare et traumatisme crânien (en Novembre 2023, Juillet 2025, Janvier 2026)

Or une autre étude publiée en 2025 dans la revue Scientific Reports (groupe Nature), par une équipe américaine dirigée par Lindell K. Weaver confirme encore ces réultats. Les personnes traitées à l’oxygénation hyperbare ont vu leurs symptômes diminuer significativement plus que celles qui ont reçu un faux traitement (placebo). Cette étude s’intéresse spécifiquement aux personnes qui gardent des symptômes gênants longtemps après un traumatisme crânien : fatigue, maux de tête, troubles de la mémoire ou de la concentration, troubles du sommeil, irritabilité, par exemple. Ces symptômes peuvent durer des mois, voire des années, et il n’existe pas de médicament qui les fasse disparaître.

L’oxygénation hyperbare (souvent appelée OHB ou HBOT en anglais) consiste à respirer de l’oxygène dans un caisson où la pression est plus élevée que la pression normale de l’air. Cette technique est utilisée depuis longtemps pour certaines urgences (plaies qui ne cicatrisent pas, intoxication au monoxyde de carbone). Depuis quelques années, des chercheurs étudient si elle peut aussi aider le cerveau à récupérer après une blessure, même longtemps après l’accident.

Combien de temps après un traumatisme crânien ce traitement peut-il encore aider ?

Les personnes incluses dans l’étude avaient un traumatisme crânien non lié à un AVC (accident vasculaire cérébral), survenu entre 6 mois et 10 ans avant le début de l’étude, et gardaient des symptômes gênants au quotidien. Cela incluait des traumatismes crâniens légers, modérés ou sévères, mais aussi des personnes ayant eu un manque d’oxygène au cerveau (par intoxication au monoxyde de carbone ou autre cause). Le fait qu’un bénéfice ait été observé même plusieurs années après la blessure initiale est l’un des points marquants de cette étude.

Au total, les résultats principaux ont été analysés chez 42 participants :

  • dans le groupe traité à l’oxygène : 16 traumatismes légers, 4 sévères, 4 intoxications au monoxyde de carbone ;
  • dans le groupe placebo : 11 traumatismes légers, 4 modérés, 1 sévère, 1 intoxication au monoxyde de carbone, 1 manque d’oxygène d’une autre origine.

Cinq autres personnes ont arrêté l’étude en cours de route et n’ont pas été comptées dans ce résultat.

Comment a-t-on vérifié que l’amélioration n’était pas due au hasard ou à l’effet placebo ?

Les chercheurs ont utilisé la méthode considérée comme la plus fiable pour tester un traitement : l’essai randomisé en double aveugle.

  • Randomisé : les participants ont été répartis par tirage au sort entre deux groupes.
  • Double aveugle : ni les participants, ni l’équipe qui évaluait les résultats ne savaient qui recevait le vrai traitement. Cela évite que l’espoir d’être soigné, à lui seul, fausse les résultats.

Concrètement :

  • Le groupe traité a reçu 40 séances d’oxygène pur, dans un caisson mis sous pression (1,5 fois la pression atmosphérique normale), chaque séance durant environ une heure.
  • Le groupe placebo a reçu 40 séances « factices » : ils entraient dans un caisson similaire, mais respiraient de l’air normal, avec une pression très proche de la pression habituelle. L’expérience ressemblait donc à un vrai traitement, sans en être un.

Les 40 séances ont été réparties sur 12 semaines, à raison de plusieurs séances par semaine.

Trois mois après la fin de cette première phase, l’étude a changé : tout le monde s’est vu proposer 40 séances supplémentaires d’oxygène hyperbare, cette fois en sachant que c’était le vrai traitement (phase dite « ouverte », sans aveugle). Les participants ont ensuite été suivis pendant plusieurs mois, jusqu’à un an et au-delà, pour voir si les effets se maintenaient dans le temps.

Comment mesure-t-on l’amélioration des symptômes après un traumatisme crânien ?

L’outil principal utilisé s’appelle le NSI (Neurobehavioral Symptom Inventory). C’est un questionnaire que la personne remplit elle-même, qui évalue 22 symptômes courants après un traumatisme crânien : maux de tête, vertiges, fatigue, troubles du sommeil, problèmes de mémoire ou de concentration, irritabilité, anxiété, etc. Plus le score est élevé, plus les symptômes sont importants. Une baisse du score signifie donc une amélioration.

Un second questionnaire, le RPQ (Rivermead Post-Concussion Questionnaire), a également été utilisé pour confirmer les résultats.

Quels résultats concrets ont été observés après l’oxygéation hyperbare ?

Après 13 semaines (40 séances) :

  • Les deux groupes ont vu leurs symptômes s’améliorer un peu — y compris le groupe placebo, ce qui est fréquent dans ce type d’étude (effet du suivi médical régulier, de l’attention portée aux participants, etc.).
  • Mais le groupe ayant reçu le véritable oxygène hyperbare s’est amélioré nettement plus : son score de symptômes (NSI) a baissé d’environ 7 points de plus que celui du groupe placebo. Cette différence est ce qu’on appelle un résultat « statistiquement significatif », c’est-à-dire qu’elle a peu de chances d’être due au hasard.

Après les 40 séances supplémentaires (soit 80 séances en tout pour certains) :

  • Les participants qui avaient reçu le placebo, puis les vraies 40 séances d’oxygène, se sont également améliorés.
  • Les participants ayant reçu 80 séances au total (40 + 40) ont montré une amélioration encore plus marquée que celle observée après seulement 40 séances. Cela suggère qu’un traitement plus long pourrait apporter un bénéfice supplémentaire, mais ce résultat demande à être confirmé par d’autres études, car il concerne un nombre plus restreint de personnes.

Sur le long terme (jusqu’à 36 mois) :

  • L’étude a suivi certains participants plus d’un an après leur traitement. Les améliorations obtenues semblent se maintenir dans le temps, ce qui est encourageant : cela suggère que l’effet n’est pas seulement temporaire.
  • Un résultat plus difficile à interpréter a été observé entre 6 et 9 mois : le score du groupe initialement placebo (qui avait ensuite reçu le vrai traitement) a continué à s’améliorer de façon significative, alors que ce n’était pas le cas pour l’autre groupe sur cette période précise. Les auteurs ne tranchent pas totalement cette question dans l’article.

L’oxygénothérapie hyperbare est-elle un traitement sûr ?

L’étude a surveillé les effets indésirables. Le caisson hyperbare peut entraîner certains désagréments : gêne au niveau des oreilles (comme en avion), fatigue, et dans certains cas des changements temporaires de la vue (une myopie passagère), un effet connu de l’oxygénothérapie hyperbare prolongée, qui disparaît généralement après l’arrêt du traitement. Aucun effet indésirable grave et irréversible n’est mis en avant comme résultat majeur de cette étude, mais comme pour tout traitement médical, la décision doit se prendre avec un médecin, en tenant compte des antécédents de chaque personne.

Faut-il envisager l’oxygénation hyperbare après un traumatisme crânien ?

Cette étude apporte un argument supplémentaire en faveur de l’utilisation de l’oxygénation hyperbare chez des personnes qui souffrent encore de symptômes, parfois des années après un traumatisme crânien, alors qu’elles n’avaient peut-être plus beaucoup de solutions à essayer. Le fait que l’étude soit en double aveugle, avec un vrai groupe placebo, renforce la confiance que l’on peut avoir dans ces résultats, par rapport à des études plus anciennes qui n’avaient pas toujours cette rigueur.

Il faut cependant garder en tête certaines limites : l’étude porte sur un nombre modéré de participants (une quarantaine par groupe), elle a été menée dans un seul centre, et elle mélange plusieurs types de lésions cérébrales (traumatismes légers, modérés, sévères, intoxications au monoxyde de carbone). Il est donc encore difficile de dire si ce traitement fonctionne aussi bien pour tout le monde, ou s’il est plus efficace pour certains types de blessures que pour d’autres. Les auteurs eux-mêmes appellent à poursuivre les recherches, notamment pour mieux comprendre la question du nombre optimal de séances (40 ou 80).

Pour un patient qui envisage ce traitement, le message principal est le suivant : il existe maintenant une étude de bonne qualité méthodologique qui va dans le sens d’un bénéfice réel, et pas seulement d’un effet placebo. Mais comme pour toute décision thérapeutique, un avis médical individualisé reste indispensable avant de se lancer dans un protocole de ce type.

NDLR : Dans notre cabinet, l’oxygénation hyperbare se fait à une pression de 1,3 ou 1,5 bar de pression (130 ou 150 kPa) et en combinaison des soins appropriés pour les traumatismes crâniens légers et commotions cérébrales tels que la photobiomodulation trancrânienne et intranasale ou laser froid, la neuro-stimulation et des soins chiropratiques combinés à la neurologie fonctionnelle.

Questions et réponses concernant l’oxygénation hyperbare et traumatisme crânien :

L’oxygénation hyperbare fonctionne-t-elle vraiment pour les traumatismes crâniens ?

Selon cette étude en double aveugle avec placebo, oui : les personnes traitées se sont significativement plus améliorées que celles du groupe placebo, avec un écart d’environ 7 points sur l’échelle de symptômes utilisée.

Combien de temps après un traumatisme crânien peut-on encore bénéficier de ce traitement ?

Dans cette étude, les participants avaient un traumatisme survenu entre 6 mois et 10 ans auparavant. Les résultats suggèrent qu’un bénéfice reste possible même longtemps après la blessure initiale.

Combien de séances d’oxygénation hyperbare faut-il pour voir une amélioration ?

Les résultats principaux de cette étude sur le traumatisme crânien et l’oxygénation hyperbare portent sur 40 séances réparties sur 12 semaines. Les personnes ayant reçu 40 séances supplémentaires (80 au total) se sont encore améliorées, ce qui suggère qu’une durée plus longue pourrait être bénéfique, sans que cela soit encore confirmé de façon définitive.

L’oxygénation hyperbare est-il sans risque ?

L’étude portant sur l’oxygénation hyperbare et traumatisme crânien rapporte surtout des effets secondaires légers et généralement réversibles, comme une gêne aux oreilles, de la fatigue, une myopie temporaire à 1,5 bar de pression. Comme tout traitement, il doit être discuté avec un médecin au vu de vos antécédents.

Est-ce que les bénéfices de l’oxygénation hyperbare durent dans le temps ?

L’étude sur l’oxygénation hyperbare et les traumatismes crânien a suivi certains participants jusqu’à 36 mois après le traitement, et les améliorations semblent se maintenir, ce qui est un point positif par rapport à des traitements dont l’effet s’estompe rapidement. 

Références :

Weaver LK, Ziemnik R, Deru K, Russo AA. A double-blind randomized trial of hyperbaric oxygen for persistent symptoms after brain injury. Sci Rep. 2025 Feb 26;15(1):6885.

Contact : 

 

Notre page de contact

Autres sites :

Cabinet Paris-Chiropratique / Cerebro-Stim
11 Avenue Fremiet
75016 Paris
Tél. : 01 47 07 02 60

Site du cabinet chiropratique
https://paris-chiropratique.com

Site de Cerebro-Stim

https://cerebrostim.com

 

Reproduction interdite. Tous droits réservés.